

A la redécouverte de la diaconie
Le terme « diaconie » vient du grec (diakonia) et désigne le fait de se mettre au service des autres à l’exemple du Christ Serviteur. En lavant les pieds de ses disciples, Jésus a mis le service au cœur de la vie de disciple, mais cette responsabilité va bien au-delà des œuvres de charité. Le Pape Benoît XVI en parle explicitement comme étant « le service de l’amour du prochain exercé d’une manière communautaire et ordonnée » (Deus Caritas Est, n°21).
« La charité n’est pas pour l’Eglise une sorte d’activité d’assistance sociale qu’on pourrait laisser à d’autres, mais elle appartient à sa nature, elle est une expression de son essence elle-même, à laquelle elle ne peut renoncer »(Deus Caritas Est, n° 25).
L’Église est en effet constituée par trois tâches fondamentales :
l’annonce de la Parole (prédication),
la célébration des sacrements (liturgie)
le service de la charité (diaconie).
Ces trois piliers de la vie chrétienne sont inséparables. Une communauté qui annonce doit aussi célébrer et vivre ce qu’elle annonce et célèbre.
Au total, la « diaconie » apparaît comme une invitation à vivre des relations différentes à la suite de Jésus, où chacun se lie véritablement à ses frères et sœurs et se met au service de tous. Cette mise en pratique de l’Évangile conduit à vivre dans la dynamique de l’Alliance, en se confrontant aux logiques du monde. Par conséquent, la « diaconie » est bien plus que l’addition d’actions de solidarité ou qu’un ensemble d’instances spécialisées. Il s’agit, à travers ces engagements mais aussi la vie quotidienne, de « convertir » toutes nos relations - proches et lointaines - à la lumière de l’Évangile, y compris avec ceux qui ne partagent pas notre foi. Il en découle que, dans l’Église, nul ne peut s’approprier la diaconie en disant : « c’est mon affaire », puisque c’est l’affaire de tous. Inversement, personne ne peut s’en sentir exempté en disant à d’autres : « c’est votre affaire » !
Cependant, cette conversion de nos rapports humains doit d’abord se vérifier avec les plus vulnérables de notre société, sans lesquels nous ne pouvons accueillir pleinement la Bonne Nouvelle : les pauvres et les souffrants ont en effet un trésor à partager, en particulier à l’Eglise qu’ils sont appelés à évangéliser. La communauté chrétienne ne pourrait donc pas grandir sans leur donner une place de choix dans sa prière et dans sa vie.
« En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).
Enfin, la diaconie de l’Église est appelée à se faire publique et politique. En se montrant particulièrement sensibles aux plus faibles, en luttant à leurs côtés pour une société plus juste, les chrétiens peuvent jouer un rôle de veille et de mobilisation particulièrement nécessaire face aux logiques dominantes du monde. C’est aussi un enjeu pour collaborer avec celles et ceux qui n’appartiennent pas à l’Église. En tant qu’elle est au service de la fraternité entre tous, la diaconie concerne en effet la société dans son ensemble.
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