Les traducteurs hésitent, tellement l’affirmation est « grosse »…
Le verset 41 de Lc 24 est extraordinaire :
Mot à mot, il faudrait traduire : « (les disciples) ne croyant pas à cause de la joie… », ce que certains traduisent : « Comme sous l’effet de la joie, ils restaient encore incrédules », « comme ils ne pouvaient pas encore croire tellement ils étaient remplis de joie »…
A la messe, on lit seulement : « Dans leur joie, ils n’osaient pas encore croire ! ».
Au fond, il est facile de faire la fête. Et on a raison de le faire…il est bon de lancer des « Jésus est ressuscité ! », qui éclatent dans le ciel au petit matin comme des feux d’artifice. Mais il est difficile de croire totalement à la réalité de ce rêve.
A notre époque, c’est le doute qui a ses lettres de noblesse - pas le désir -... car nous avons peur de prendre notre désir pour la réalité.
Les apôtres sont devant Jésus, ils le voient.
Mais, au cœur de l’expérience, ils ne croient pas. En tout cas, pas encore.
Ils ont peur de l’illusion.
J’aime ce doute joyeux qui lentement laisse place à la foi, grâce à un travail de mémoire sur ce que disaient Jésus, la Loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes.
Le temps pascal n’est pas un temps vide.
C’est traditionnellement une période où l’on réfléchit à ce que l’on a vécu avec le Christ vivant (on appelle cela la mystagogie).
C’est un temps où, dans la joie, il convient de relire la Loi de Moïse, les prophètes, les Psaumes et les témoignages des apôtres sur Jésus.
Jésus, que notre joie demeure !
+ M. Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
le 20 avril 2009