Il est des semaines où je me demande sur quel sujet je dois écrire cet éditorial.
Il est des semaines où le calendrier semble s’accélérer comme s’il avait peur de ne jamais pouvoir épuiser ses réserves avant la fin de l’année.
Nous en sommes là : la semaine prochaine auront lieu deux évènements, dans un genre tout à fait différent, j’en conviens – mais qui nous concernent.
Comment les relier ?
Le début de Gaudium et spes me vient sous la plume et les espoirs
« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. »
Gaudium et Spes n° 1
La communauté des chrétiens se reconnaît intimement solidaire du genre humain et de son histoire.
Intimement solidaire, quel programme !
Le Pape va donc au Bénin où le 18 avril 1861 débarquèrent les premiers missionnaires…
Il y rendra publique une exhortation apostolique (sa synthèse du Synode consacrée à l’Afrique)… et il ira se recueillir sur la tombe du Cardinal Gantin.
Aujourd’hui, en France, nous savons être généreux pour l’Afrique mais nous ne savons pas encore l’écouter : le Cardinal Gantin et son successeur à Cotonou, Mgr de Souza, avaient sans doute beaucoup reçu des missionnaires – ils le disaient en tout cas – mais ils ont beaucoup donné à l’Église universelle.
Le thème de la journée du Secours catholique est « aimez-vous les uns les autres »… (et non aimez-vous les uns les uns). L’amour doit être généreux, certes, et nous le serons pour le Secours catholique… mais il doit aussi connaître, accueillir, recevoir.
En ce temps de crise, les deux évènements sont des appels à la solidarité.
La véritable, celle de l’amitié.
Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry – Corbeil-Essonnes
Le 14 novembre 2011